Accordions Worldwide Celebrity Interview, Faithe Deffner
Celebrity Interviews


Faithe Deffner est célèbre dans le monde de l'accordéon dans sa capacité de Directeur de plusieurs prestigieuses entreprises d'accordéon, et aussi en tant que Présidente de l'Association des Accordéonistes Américains. Cette Interview de Célébrité est consacrée à sa carrière d'affaires, et l'AAA sera le sujet d'une Interview de Célébrité prochaine.

Q: Votre feu mari, Ernest Deffner, a été le fondateur de l'entreprise. Parlez-nous un peu de lui.
R: Mon mari est né à Munich, en Allemagne, le 24 septembre 1904. Il a étudié la gestion commerciale et il a travaillé pendant quelques années pour une firme de courtage de navigation à Innsbruck, en Autriche, avant son émigration aux Etats-Unis. Dans ce pays il a travaillé pour un "jobber" d'instruments de musique, Progressive Music à New York City, où il est rapidement monté jusqu'à une place dans la gestion. En 1933, la firme a diminué tous les salaires de 10% et Ernest a décidé que c'était le moment d'ouvrir son propre commerce, étant donné que la situation économique ne pouvait que s'améliorer.

Q: Quels sont les aspects des affaires musicales dont s'occupait Ernest?
R: Il s'occupait de tous les instruments de musique et il s'est développé des clients loyaux parmi les magasins de musique et les écoles dans tous les Etats-Unis, au Canada, au Mexique et à Porto Rico. Il a lancé de nouvelles lignes et il les a promues sur le marché. Parmi ses produits exclusifs sont les Cordes Thomastik pour les instruments à archet, les cordes de guitare Augustine, les bois et les cuivres SML (Strasser, Marigaux et Lemaire), les bois et les cuivres Alexandre et les embouchoures de Woodwind Co (une firme fondée par Walter Gemeinhardt en 1918, acquise par Ernest).

Q: Dans quelles circonstances la firme a-t-elle commencé à s'occuper de l'accordéon?
R: Je me souviens d'une histoire amusante qu'Ernest m'a racontée - beaucoup d'années plus tard - au sujet de son premier contact avec les accordéons. En 1936, au cours d'une visite d'affaires en Europe, il a voyagé à Castelfidardo et il a acheté un nombre important d'accordéons dans une transaction en argent comptant. Les boîtes en bois qui sont arrivées à New York contenaient toutes des sacs de briques. Ce désastre s'est répété dans les années 1960, quand le navire Andrea Doria a fait naufrage, emportant avec lui au fond de l'océan notre commande de plusieurs centaines d'accordéon. Depuis, nous faisons envoyer nos cargaisons par avion.

Q: A quel moment est-ce-que les accordéons sont devenus une partie importante de la firme d'Ernest Deffner?
R: L'entreprise se développait rapidement, et Ernest a établi beaucoup de liens en Europe, qui lui ont permi d'obtenir des produits au cours de la guerre (la Deuxième Guerre Mondiale). Il avait douze représentants qui voyagaient à travers le pays entier, et la firme est devenue une source très importante de toutes sortes d'instruments et d'accessoires de musique.

Ernest était le client de l'Agence de Publicité Robert Holly, qui représentait aussi une nouvelle firme de fabrication d'accordéon - Pancordion, Inc. C'est Holly qui a réuni ces deux clients, combinant leur expériences individuelles pour produire un modèle d'accordéon très populaire.

Q: Que pouvez-vous dire à nos lecteurs des premières années de Pancordion?
L'Usine Pancordion (auparavant, l'ancienne Usine Wurlitzer), environ 1950

R: Je vous citerai un passage du livre "Golden Age of the Accordion" (L'Age d'Or de l'Accordéon), où l'accordéoniste et pédagogue, le Dr. Salvadore M. Febbraio, donne une description intéressante de l'histoire de Pancordion:

"Deffner a fait équipe avec Robert Pancotti, qui avait quitté la Compagnie des Accordéons Excelsior de sa famille pour développer et breveter une série d'innovations d'accordéon qui ont eu un effet profond sur le développement de la construction de l'instrument. Leur nouvelle firme avait acheté l'ancienne usine de Selmer à Long Island City, New York. Là, ils ont construit des Pancordions fabriqués à la main....

Les Pancordions ont vite été reconnus par les accordéonistes professionnels, et beaucoup de ces derniers ont offert de nouvelles idées pour le développement de cet instrument. Lawrence Welk, Myron Floren, Frankie Yankovic, Don Lipovac, Billy Costa, Milt DeLugg, Bobby Creach, Maddalena Belfiore, Dick Metko, Paul Norback et d'autres musiciens professionnels notables ont choisi d'utiliser le Pancordion pour avancer leurs carrières.

"La nouvelle et moderne fabrique Pancordion occupait un étage entier dans un grand bâtiment commercial, où l'on employait plus de 40 artisans pour essayer de satisfaire le désir - qui paraissait insatiable - de l'Amérique pour les accordéons d'excellente qualité fabriqués à la main dans la fin des années 1940 et dans les années 1950. Parmi les artisans qui ont travaillé chez Pancordion, il y a eu John et Angelo Magnante (les frères de Charles Magnante), Natale Frosini (le frère de Pietro Frosini), les frères Pancotti (Roberto et Archimedes) et d'autres dont les noms ont une place importante dans l'histoire de l'accordéon au niveau mondial.

"Au moment où il a été nécessaire de développer une ligne fabriquée en Italie, Deffner a envoyé un groupe d'excellents artisans de Pancordion à la fabrique de Cav. Sante Crucianelli, pour préparer le terrain pour la production de haut niveau demandée par le marché américain en état d'expansion. Crucianelli est devenu l'entreprise liée italienne de Pancordion, et le réseau commercial d'Ernest Deffner a commencé la distribution de la production croissante. Sous les noms commerciaux de Panitalia, Crucianelli et Video (un nom inspiré de Montevidéo, bien avant que la télévision ne devienne la distraction nationale), la firme a satisfait les besoins des nouvelles écoles et commerces d'accordéon au cours des "beaux jours" de l'accordéon après la guerre.

Q: Quelle est votre formation, et dans quelles circonstances avez-vous rejoint la firme?
R: J'ai une formation dans les domaines du journalisme et de la publicité. J'étais la propriétaire d'une petite agence de publicité dans le Manhattan. La firme d'Ernest Deffner nous a engagés pour produire un catalogue d'instruments et d'accessoires de musique. Le catalogue a fini par devenir un livre de 380 pages, avec des milliers d'articles, chacun avec des descriptions détaillées et des illustrations. Ernest et moi-même avons passé des heures ensemble à travailler sur ce projet, et nous sommes devenus inséparables. Après notre mariage, j'ai renoncé à mon entreprise pour créer une agence interne pour Ernest Deffner Affiliates. Je suis devenue la vice-présidente générale, ainsi que gestionnaire de la publicité.

Q: Quelle était l'importance de l'accordéon pour la firme au moment où vous l'avez rejointe?
R: Bien que nous nous soyons occupés de tous les instruments de musique, notre engagement avec l'accordéon était très important. Nous étions les propriétaires de la fabrique Pancordion aux Etats-Unis, et nous avions des arrangements contractuels exclusifs avec des fabriques en Italie. Pour satisfaire nos besoins d'accordéon, Crucianelli a construit une fabrique énorme sur la Via Donizetti à Castelfidardo (qui est devenue l'hôtel Parco, à quatre étoiles, après la relocation de Crucianelli). Je me souviens d'un moment donné où Phillipo Crucianelli, qui était le directeur de la firme, est venu nous rendre visite à New York et est revenu chez lui avec une commande pour 4.000 accordéons.

Notre engagement avec l'accordéon avait de nombreux aspects. Nous avons travaillé avec des musiciens du plus haut niveau pour améliorer la conception, les éléments et la fabrication. Nous avons toujours été persuadés qu'un accordéon de haute qualité pouvait déclencher de la créativité grâce à sa capacité musicale additionnnelle. Nous avons aussi reconnu que l'accordéon était un instrument de musique relativement nouveau, en état d'évolution du point de vue du développement de l'instrument, du développement de méthodes pédagogiques et de l'encouragement de la littérature nouvelle et sérieuse.

Q: L'accordéon a commencé à perdre de la popularité dans les années 60. Est-ce que votre formation dans la publicité vous offre des idées sur les causes de ce phénomène, et pouvez-vous les partager avec nos lecteurs?
R: C'est une question très intéressante. Presque dès le début, j'ai été frappée par l'isolationnisme du monde de l'accordéon et par le manque apparent de volonté de sortir de sa propre ombre.

Je m'explique: nous sommes tous d'accord que l'accordéon est un instrument excellent pour les jeunes, parce qu'il leur permet de développer de la concentration, de l'estime de soi et de la discipline; il peut être utilisé dans des activités de groupe, ce qui développe la capacité de travailler avec les autres et le sentiment d'une responsabilité envers les autres. Donc, la publicité du monde de l'accordéon devrait s'orienter vers la conquête d'une partie importante du "dollar du marché des enthousiastes". Mais nous ne fons que diriger nos efforts vers ceux qui jouent déjà de l'accordéon (surtout pour leur dire qu'ils ont besoin d'un accordéon différent).

Pourquoi est-ce que les firmes d'accordéon ressentent-elles le besoin d'entrer en compétition entre elles, alors que notres vrais concurrents sont les autres activités de divertissement, telles que le bowling, les leçons de karaté, les jeux d'ordinateur, etc.? Nous devons convaincre ceux qui ne jouent pas de l'accordéon qu'ils manquent une activité merveilleuse, l'une de ces rares activités qui offre du plaisir au cours de la vie entière.

Au lieu de ça, les efforts et les ressources de publicité sont dépensées pour dire aux accordéonistes, implicitement, que l'instrument qu'ils utilisent n'est pas du bon modèle, de la bonne marque, du bon système pour avoir du succès et de la légitimité. Est-ce qu'il ne serait pas plus utile de faire des efforts pour inviter de nouveaux gens à apprécier les plaisirs et les bénéfices du jeu d'accordéon?
Une rencontre avec le Maire de Castelfidardo au sujet de la popularité de l'accordéon. Faithe et Ernest Deffner à City Hall en 1967, lors d'une de leurs fréquentes visites au "Lieu d'Origine des Accordéons"

Q: Comment proposez-vous d'accomplir ce projet?
R: En identifant des buts, nous pourrions créer un concept qui aurait un sens. S'il nous était possible de regarder l'avenir en tant qu'industrie, plutôt qu'en tant que série de marques, il y a beaucoup de choses qu'on pourrait faire pour populariser l'instrument que nous avons appris à aimer. Oui, l'accordéon est un instrument de musique formidable, mais c'est aussi un catalysateur pour le développement personnel chez les jeunes gens.

Notre instrument peut divertir le jeune enfant, tout en l'instruisant. A un moment où les parents recherchent des activités complètes pour leurs enfants, la communauté d'accordéon ne leur communique pas les qualifications excellentes de cet instrument.

Q: Quand est-ce que la firme Deffner a commencé de travailler avec Titano Accordion Co., International? (www.accordions.com/titano)
R: Dans les années 1960, quand Ernest a appris que Titano était à vendre, il a décidé d'augmenter nos intérêts d'accordéon en achetant cette firme, qui a été fondée par Edward and Dorothy Traficante, à Minneapolis, aux Etats-Unis. Les Traficante ont d'abord développé leur ligne pour l'utiliser dans leur chaîne d'écoles d'accordéon. C'était une ligne de haute qualité, qui a été un complément pour les instruments Pancordion. C'était l'époque des filières de vente exclusives, et l'achat a permis à Deffner de servir à plus d'une filière de vente par communauté.

Q: Dans quelle direction Titano s'est-il développé ?
R: Nous avons travaillé avec des accordéonistes classiques comme Bill Palmer and Bill Hughess (célèbres pour leur Cours d'Accordéon Palmer-Hughes et pour leur matériel pédagogique), Robert Davine, Pauline Oliveros, Joan Cochran Sommers, William Schimmel, Donald Balestrieri, Anthony Galla-Rini, Frank Marocco, Carmelo Pino, Harley Jones, Frank Busso, Yuan Fang, Carl Elmer, Lloyd LaVaux et d'autres.

La firme a été un pionnier dans le développement des basses libres, en tant qu'addition au système de basses stradella (la basse libre désengage les accords de basse pré-engagés, permettant au musicien de former des accords lui-même ou de jouer des notes individuelles, selon les besoins de la pièce). Tandis que les autres systèmes de basses libres n'entraient pas en combination avec les basses standard stradella, les accordéons à conversion de Titano utilisaient la même séquence de notes que les accordéonistes connaissaient déjà sur leurs basses stradella, sans augmenter les dimensions ni le poids, et à un prix qui n'était pas élevé.

En 1975, 70% de nos ventes provenaient des accordéons à basses stradella et conversion de quinte. Avec le perfectionnement des basses libres chromatiques de conversion, Titano a commencé à produire également celles-ci, parce que nous visons à offrir à l'accordéoniste ce qui lui convient le mieux.

Q: Qu'est-ce qui a mené au développement du Tiger Combo'Cordion?
R: Vers le milieu des années 60, nous avons reconnu les changements de la musique, quand le rock'n'roll a captivé les jeunes. Avec Bill Palmer, nous avons conçu et introduit le Tiger Combo'Cordion.

C'était une ligne d'accordéons "compact", et en couleurs (dans un choix de trois couleurs des voitures Fiat: feu, soleil, et "blue moon"), avec un accordage d'aigus en quinte pour des "accords stridents de lead ou de swing, avec des couleurs audio pour divertir les foules", selon la description du magazine Hullabaloo. Des pickups éléctroniques ont crée un son spectaculairement "mordant' et un microphone était attaché sur le haut du Combo'Cordion, prêt pour les chanteurs. L'angle du clavier de l'instrument suivait la grille oblique, pour que les doigts du musiciens puissent facilement être vus par le public.

Le programme n'a pas eu de succès parce que les professeurs d'accordéon ont vu le rock comme une mode qui passerait. Ils n'aimaient pas la musique et refusaient de l'apprendre à leurs élèves. Par conséquent, les élèves ont quitté l'accordéon pour les guitares éléctriques et les keyboards qui leurs permettaient de jouer la musique qu'ils aimaient.

La photographie ci-dessous a été prise lors d'une conférence de presse à New York City, où le célèbre Tiger Combo'Cordion a été introduit. Son développement a été le résultat d'une collaboration entre Bill Palmer et Titano Accordion Co. Sur la photographie, de gauche à droite: le feu Ernest Deffner, président de Titano, Faithe Deffner, le vice-président général de la firme, et Willard "Bill" Palmer qui introduit l'instrument.

Q:Quelle direction est-ce que la firme a prise après le décès d'Ernest Deffner?
R: Après une longue maladie, Ernest est décédé au début de 1971 et je suis devenue la présidente de la firme. Le marché d'accordéon diminuait avec le changement des goûts musicaux. Il fallait choisir.

Nous avons décidé que l'accordéon avait besoin de toutes nos énergies. Donc, à un moment où les firmes d'accordéon se diversifiaient dans les autres instruments de musique, notre firme est passée de tous les instruments à l'accordéon seulement.

Nous avons intensifié notre soutien important des programmes institutionnels d'accordón et nous avons pris un rôle plus important dans la communauté internationale d'accordéon. Nous avons participé à des événements nationaux et internationaux d'accordéon, et nous avons travaillé avec de nombreuses organisations d'accordéon.

Q: Quand, et pourquoi, Ernest Deffner Publicatons a-t-il été formé?
R: Avec la baisse de popularité de l'accordéon, les ventes des partitions d'accordéon ont également baissé. Les maisons d'édition ont employé leurs ressources à d'autres instruments de musique qui étaient plus profitables. Il y avait de moins en moins de sources pour la musique d'accordéon. Les anciennes grandes maisons d'éditions d'accordéon ont fermé parce que leurs dépenses étaient plus grandes que leurs profits. De telles firmes que O. Pagani & Bro. et Pietro Deiro Headquarters n'existaient plus.

Nous avons ressenti un besoin urgent d'entrer dans le domaine de l'édition et de soutenir la littérature qui existait, même si cela ne rapportait pas de profits. Nous avons décidé d'utiliser les profits de notre commerce d'accordéon pour subventionner l'édition musicale, simplement parce que l'accordéon ne pouvait pas exister sans littérature.

Aujourd'hui, Ernest Deffner Publications sont diffusées dans le monde entier. Nous publions des œuvres de nombreux compositeurs célèbres, tels que Jindrich Feld, John Franceschina, Carmelo Pino, Ernst Krenek, William Schimmel, Palmer and Hughes, Otto Leuning, Douglas Mews, Gary Daverne, Karen Fremar, Anders Grothe, Anthony Galla-Rini, Addie Cere, Andrzej Krzanowski, Alan Leichtling et d'autres.

Nous avons absorbé ce qui restait des grandes maisons d'édition aux Etats-Unis, O. Pagani et Pietro Deiro, ainsi que des firmes comme Highland et Aretta. L'édition ne nous rapporte pas de profits. Notre catalogue contient près de 8.000 publications et se trouve sur internet à www.accordions.com/deffnermusic

Q: Quelle est votre formation musicale?
R: Ma première éducation musicale s'est faite sur le violon. Plus tard, j'ai étudié l'accordéon avec Billy Costa dans son studio à 48th Street à New York. Bien que le temps que j'ai pu consacrer aux exercices nécessaires pour les concerts ait toujours été limité, je connais de façon approfondie les aspects musicaux et mécaniques de l'accordéon. Mon professeur était un grand accordéoniste qui a joué avec les meilleurs orchestres. Il était un musicien de studio et un artiste d'enregistrement notable.

Q: Qui ont été les personnes les plus importantes dans les premières années de la firme?
R: Bien sûr, mon mari Ernest Deffner m'a appris beaucoup de choses qui m'ont toujours été très utiles. Ses qualités d'intégrité, de service personnel, d'artisanat européen et des vraies valeurs restent le fondement de notre entreprise. Notre fille, Verne Deffner, est un bien à valeur incalculable pour la firme. Je dois aussi reconnaitre nos premiers travailleurs - Jacques Van de Genachte; Angelica Bargou, Alfred Becker, Mario Coletta et Frances Margliss.

Q: Quels sont les "grands noms" de l'accordéon que vous avez rencontré en personne au cours de votre carrière dans ce domaine?
R: J'ai eu la chance de rencontrer beaucoup des personnes les plus célèbres dans les cercles d'accordéon et de lier des amitiés avec beaucoup d'entre eux. Mon plus cher ami et mentor a bien sûr été Willard (Bill) Palmer, qui avec Bill Hughes a lancé le phénomène "Palmer-Hughes", et qui a été célèbre en tant que musicien, compositeur et pédagogue.

Des années d'association cordiale n'ont qu'augmenté mon estime pour Charles Magnante, Eugene Ettore, Frank Gaviani, Joseph Biviano, Pietro (Lee) Deiro, Jr. et Aldo DeRossi. Myron Floren et Lawrence Welk ont été des gens très spéciaux, que j'apprécie énormément. Je ne suis pas capable d'énumérer toutes les personnalités merveilleuses d'accordéon qui m'ont offert leur amitié et leur confiance. Il y a tant de gens qui m'ont donné de l'inspiration dont je me souviendrai toujours.

Q: Comment voyez-vous l'avenir de l'accordéon aux Etats-Unis et dans les autres pays?
R: L'accordéon trouvera une place dans le monde de la musique en se liant aux autres instruments et aux autres musiciens. Ceci se passé déjà dans le domaine du pop, où des grands groupes commencent à utiliser notre instrument, l'introduisant ainsi dans les activités musicales les plus populaires.

Le nombre de musiciens contemporains qui utilisent déjà le côté "hip" de l'accordéon est épatant. Parmi eux, il y a Peter Satera de Chicago, Peter Gabriel, Paul Simon, Benny Anderson d'ABBA, Eddie Vedder de Pearl Jam, Peter Holsapple de Hootie & the Blowfish, Krist Novoselic, ex-Nirvana. Cindy Lauper, Richie Sambora de Bon Jovi, Charlie Gillingham de Counting Crows, Bruce Hornsby, John Linnell de They Might Be Giants, Garth Hudson de the Band, Los Lobos, Steve Jordan, Phoebe Legere, Sheryl Crowe et d'autres.

La même chose arrive dans le domaine classique. De plus en plus d'accordéonistes sérieux font des prestations avec des orchestres dans le monde entier. La légitimité musicale et émotionnelle des accordéonistes s'impose à travers ces associations satisfaisantes.

La musique folklorique, autrefois dédaignée par les accordéonistes eux-mêmes, subit une grande renaissance qui augmente la popularité de l'accordéon avec des groupes ethniques de toutes idées musicales. Tout démontre un enthousiasme et une appréciation grandissants pour l'accordéon. Il y a de plus en plus d'adultes qui commencent à jouer de l'instrument et l'apprennent par eux-mêmes plus tard dans leur vie.

Malheureusement, moins de jeunes font des études aux écoles d'accordéon. Nous avons un grand besoin d'un jeune modèle qui introduirait l'accordéon dans la vie des enfants. Ceci arrivera, sans aucun doute. Si les jeunes sont introduits à l'accordéon dans un climat positif, ils l'adorent, parce que c'est un instrument intéressant et qui vaut la peine d'être appris.

Q: Croyez-vous que la popularité de l'accordéon remontera jamais aux niveaux des années 50 et 60?
R: Croyez-vous que quoi que ce soit reviendra jamais à son état dans les années 50 et 60? Ce n'est pas possible. Il y a tant d'activités qui demandent notre attention aujourd'hui. La vie de famille n'est plus ce qu'elle était alors. Cependant, l'accordéon a une place importante dans le monde d'aujourd'hui.

Récemment, j'ai travaillé avec Michal Shapiro, qui a produit cette merveilleuse collection de trois CDs "Planet Squeezebox" (Elipsis Arts). Ces enregistrements représentent 40 traditions internationales d'accordéon, du Madagascar jusqu'en Russie, de la Turquie au Brésil et dans tous les coins du monde. L'accordéon est peut-être l'instrument le plus populaire au monde.

Il y a bien plus d'un million d'accordéonistes aux Etats-Unis, et un nombre beaucoup plus grand d'enthousiastes de l'accordéon. Et ces chiffres sont insignifiants si on les compare aux pays comme l'Allemagne, où l'on compte presque un millier d'orchestres d'accordéon en plus des solistes, la France où l'accordéon musette est un divertissement national, les pays Scandinaves où l'on adore l'accordéon dans toutes ses manifestations folkloriques, la Russie où il est non seulement une forme d'art pratiquée par des musiciens exceptionnels mais aussi une voix folklorique importante, et la Chine, où l'on voit souvent plusieurs centaines de jeunes qui jouent ensemble dans un orchestre d'accordéon de jeunes - pour ne nommer que quelques-uns des pays où l'on aime l'accordéon.

L'accordéon est un instrument relativement nouveau, qui s'est introduit dans tant de cultures (et tant de cœurs) dans un temps très bref. Au bord du nouveau millénaire, nous partageons tous un enthousiasme et un rêve d'accélerer les succès du monde de l'accordéon à l'avenir.

Editeur: Pour en savoir plus sur Faithe Deffner, visitez: www.accordions.com/fdeffner
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